On ne change pas une équipe qui gagne
On commence à voir venir de très loin les gars de chez Blizzard et leur technique infaillible pour sortir un jeu qui assure. Le principe est simple et désormais éprouvé : commençons par prendre tout ce qu’il y a de bien dans ce qui a déjà été fait, inventons peu mais inventons bien et surtout prenons notre temps pour sortir un jeu ficelé avec amour.
World Of Warcraft est bientôt sur nos tables de jeux...
Copyrights ©TCGDatabase.fr et ©Cyril Grillon
Ainsi, Blizzard déboula un beau jour dans l’univers impitoyable du MMO, et après un rapide tour d’horizon, tria le bon grain de l’ivraie et sorti de son atelier magique un jeu online qui n’avait pas grand-chose de véritablement révolutionnaire mais qui réunissait les bons concepts de ses prédécesseurs, débarrassé des défauts parfois handicapants, et recouvert d’une couche d’univers bien sympa à base de schtroumpfs avec des dreadlocks, de nains punks, d’elfes de la nuit canons et de gnomes à couettes. Un peu plus tard, ils nous refont le coup avec un jeu de cartes à collectionner qui améliore le système de combat de Magic : The Gathering™, peu intuitif et complexe, avec la mécanique huilée de Yu-Gi-Oh™ et qui résout le sempiternel problème de ressource avec la solution proposée par VS System™. On saupoudre d’une couche d’univers bien chouettos (vi, les fameux schtroumpfs, punks et autres gnomes ridicules…) et Upper Deck lance avec succès sur le marché un jeu de cartes qui donne bien du plaisir à jouer.
Il ne faut pas s’étonner de voir cette même méthode appliquée à l’univers de la figurine à collectionner, et c’est avec une grande impatience que je suis allé vérifier par moi-même si la recette magique à faire des bons jeux était à l’œuvre. Et comme je suis un tueur de suspens, je vous le dit de suite, Upper Deck et Blizzard ne se sont pas ratés et nous livreront à l’automne prochain un jeu de figurines bien sous tout rapport, avec sa petite dose d’innovation bien calibrée, son univers graphique ultra léché schtroumpfs/punks/couettes, balancé comme il faut. Bref, un bon jeu. N’allez pas croire que je médise à propos de la méthode Blizzard, bien au contraire. Ca marche et je préfère largement un jeu bien monté qui ne révolutionne rien sur son passage plutôt que la nouveauté à tout prix. En matière de figurines, le constat des expériences de ces dernières années est relativement simple, le jeu en plastique pré-peint dépouillé de ces volumineux bouquins de références, jouable instantanément dès l’ouverture, vendu en booster opaque, voilà ce qui plait, voilà ce qui se vend.
<h3>Une valse à mille temps</h3>
Lors de la GAMA, nous avons eu l’occasion de tester le jeu et de rencontrer les designers de WoW miniatures, qui se veut être un jeu d’escarmouche, rapide, facile à prendre en main, avec suffisamment de finesse pour donner tout son plaisir au gamer incorrigible que nous sommes.
Premier constat, les prototypes qui nous sont dévoilés sont de très bonne facture et collent une sérieuse claque à ce qui se fait habituellement sur ce marché. Bémol toutefois en la matière, moi aussi je peux sortir des protos qui cassent la baraque rien qu’en fronçant des sourcils, il reste à vérifier si la production en série sera d’aussi bonne qualité, ce dont je ne doute pas connaissant le souci du détail qu’apporte Blizzard à chaque produit qui porte son estampille. Une fois épongée la bave qui me dégouline du menton, je réalise que les figurines sont à l’échelle 40mm, ce qui conforte la qualité d’un rendu bien détaillé tout en offrant de belles figurines bien épaisses et grandes et larges et chiadés. Avec des couettes.
Au deuxième temps, on se rend compte que chaque figurine peut être désolidarisée de sa base, camouflant aisément ces informations qui peuplent les socles des figurines WizKids et qui pourrissent passablement le plaisir du collectionneur qui se cache en chacun de nous. Car oui, il y a effectivement une mécanique de jeu qui implique la rotation de la figurine sur son socle pour suivre les variations de points de vie du personnage, reprenant la mécanique qui a fait le succès des figurines WizKids il y a quelques années. Petite innovation, le socle amovible contient un autre élément rotatif et une deuxième fenêtre de lecture, permettant de suivre une deuxième information essentielle au jeu : le tempo de la figurine.
Car, et c’est là l’un des éléments essentiels du jeu, chaque personnage a sa petite horloge personnelle qui permet de savoir quand il va pouvoir bastonner à nouveau tandis que le jeu a une horloge principale qui indique où en est la baston. Chacune des actions que peut tenter un personnage sont détaillées sur une carte au format standard de carte à collectionner, livrée avec la figurine. De ce que nous avons vu, une action est définie par une portée qui s’exprime en nombre de case, une quantité de dés à jeter pour déterminer les dégâts infligés et un nombre d’unités de temps qui seront imputés à l’horloge personnelle du personnage. Donc, en pratique, lorsque ma Ruby Gemméclat lance une Boule de Feu sur Gorebelly au 4ème temps du jeu, on vérifie la validité de la portée, on lance les dés pour calculer les dégâts infligés minorés par un jet d’armure, et on avance le compteur de Ruby de 3 temps ce qui induit qu’elle ne pourra pas agir à nouveau avant le temps 7 du jeu.
Et ça y est, c’est le dawa dans la pampa, puisqu’il faut anticiper le temps que prend chaque action de chaque personnage pour déterminer si Ruby ne risque pas de se faire fracasser la boite crânienne par la hache de guerre de Gorebelly avant d’avoir le temps de se planquer dans un bosquet. Pour être franc, ma Ruby s’est fait décapsuler par l’orc à chaque fois que j’ai tenté de lui rôtir les mollets.
<h3>un jeu de figurines avec des cartes dedans, et son contraire</h3>
Donc, pour essayer de résumer en un tableau rapide, les figurines sont munies d’un socle permettant de suivre les points de vie et le tempo du personnage et accompagnées d’une carte définissant les capacités spéciales comme lancer un sort, une hache, une dague ou un bourre-pif. Les dégâts infligés sont la différence entre le jet d’attaque et le jet de protection, sachant qu’il y a les dégâts dus aux armes et ceux dus à la magie et qu’il existe un système de jets critiques permettant de faire des trucs encore plus balaises tels le paladin qui lance un soin lorsqu’il fait un dégât critique. Il existe des cartes d’actions supplémentaires, qui permettent de customiser les pouvoirs de chaque personnage donnant au jeu une richesse sympathique. Nous n’avons pas eu le loisir de jouer avec ces cartes, mais j’ai pu voir un sort de mage qui inflige 3 dommages pour 0 temps, ce qui me semble plutôt fort, voir carrément fumé.
On déplace tout ce petit monde sur une grille hexagonale plaquée sur une carte composée de terrains pouvant bloquer la ligne de vue, donner des bonus en attaque (la colline) ou en défense (la forêt). Une fois limés tous les points de vie d’une bestiole, celle-ci meurt, mais nous le savons tous, on ne meurt pas vraiment à World of Warcraft et un personnage mort revient en jeu après deux temps de pause.
Une autre nouveauté tient dans la construction des armées. Fini le vieillot décompte de points d’armée pour se la jouer en 300 ou en 500 points, désormais chaque joueur vient avec un nombre défini de personnages, ayant chacun un certain nombre de points d’honneur. Bien entendu, plus un personnage est un gros bill avéré sous stéroïdes avec des statistiques de malade, plus il aura de points d’honneur. Comme chaque joueur a pour objectif de marquer autant de points de victoire que ses personnages cumulent de points d’honneur, on se retrouve avec un système où trois petits bills peuvent gagner face à trois gros bills, puisque l’objectif à atteindre sera moindre.
Pour finir sur une dimension pratique, le jeu sort à l’automne, avec un starter fixe de 4 figurines à 25 Dollars (esperons que ce ne sera pas en €ros pour nous..), contenant la poignée de dés et de socles nécessaire au jeu et une carte recto-verso. Le booster, quant à lui, contiendra 3 figurines pour 15 Dollars. On parle d’un starter deluxe dont on ne connaît pas le contenu, et Upper Deck a déjà annoncé la sortie d’Onixya, la grosse dinde violette que l’on latte cordialement en raid, dont vous pouvez apprécier une photo ci-dessous. Je crois que c’est le plus gros dragon jamais proposé dans un jeu de figurines, qu’on se le tienne pour dit !
Cyril